Des vendanges 2026 particulièrement précoces
Cette précocité ne concerne pas seulement le Domaine de la Chevrue. Dans le Muscadet, la Fédération, après des analyses et des contrôles de maturité ont autorisés la récolte a partir du 10 août. Du jamais-vu dans le vignoble nantais.
Les températures élevées ont accéléré la maturation des raisins et favorisé leur concentration en sucre. C'est l'une des grandes caractéristiques du millésime 2026 dans de nombreux vignobles français.
À la Chevrue, nous avons préféré patienter quelques jours supplémentaires. Attendre la baisse des températures nous permet de travailler dans de meilleures conditions.
C'est évidemment plus agréable pour les personnes qui travaillent dans les vignes et dans la machine à vendanger, mais également meilleur pour le matériel.
Surtout, cela permet de faire entrer en cave des raisins et des jus à une température moins élevée. C'est un point important pour pouvoir ensuite maîtriser au mieux les premières étapes de la vinification.
La canicule a laissé des traces sur les raisins
Nous vous en parlions déjà cet été : la vigne aime le soleil, mais elle a aussi ses limites.
Les épisodes de canicule et le manque d'eau ont eu un impact direct sur le développement des baies. Dans certaines parcelles, nous retrouvons aujourd'hui de tout petits raisins, avec une peau plus dure et moins de jus.
Certains grains ont même été fortement desséchés par la chaleur.
Ce phénomène a été observé ailleurs dans le vignoble en 2026 : la chaleur et la sécheresse ont réduit la taille des baies et concentré les jus.
Environ un tiers de rendement en moins
Et forcément, des raisins plus petits signifient moins de jus.
Au Domaine de la Chevrue, nous constatons pour le moment environ un tiers de rendement en moins.
Les grappes étaient pourtant là. Mais entre une belle grappe au début de l'été et le volume de jus réellement récupéré au pressoir, la canicule est passée par là.
C'est toute la particularité de ce millésime : nous pouvons avoir de beaux raisins, mais moins de jus à l'intérieur.
Un pressurage plus long et plus doux
Cette année, il faut également adapter le travail au pressoir.
La peau des raisins est plus dure et se détache moins facilement. Il ne s'agit surtout pas de compenser en pressant brutalement.
Nous faisons donc exactement l'inverse : nous pressons plus doucement et plus longtemps.
L'objectif est d'extraire progressivement le jus disponible tout en respectant au maximum le raisin.
C'est aussi ça, le travail du vigneron : aucune vendange ne ressemble vraiment à la précédente. Il faut observer la matière que l'on récolte et adapter les méthodes en conséquence.
Plus de sucre et moins d'acidité
La chaleur a également modifié l'équilibre des raisins.
Les baies présentent cette année un peu plus de sucre, tandis que l'acidité est moins importante. Ce phénomène est bien connu lors des millésimes chauds : les températures élevées accélèrent la concentration des sucres tandis que les acides diminuent au cours de la maturation.
Or, pour nos vins blancs et notamment pour le Muscadet, l'acidité participe directement à la sensation de fraîcheur et à l'équilibre du vin.
Nous allons donc être particulièrement attentifs à ce paramètre pendant les vinifications.
C'est maintenant en cave que le millésime 2026 va commencer à dévoiler son caractère.
